Méditation Vipassana, l’expérience intérieure

Méditation Vipassana, l’expérience intérieure

 

Cette semaine,  j’ai postulé à la prochaine session de méditation Vipassana. Au passage, je me suis inoculée un sacrée dose d’adrénaline. Pourquoi je me lance dans cette nouvelle aventure bien que la perspective me terrifie ? La réponse ci-dessous.

Vipassana est considérée comme l’une des techniques méditatives les plus anciennes. Le mot Vipassana signifie simplement “voir les choses telles qu’elles sont”.

L’enseignement le plus répandu de Vipassana est celui de la lignée de S.N. Goenka. La méthode traditionnelle est enseignée dans le monde entier. En France, un centre a retenu mon attention. Celui de Dhamma Mahi. Situé en Bourgogne, il est l’un des plus populaires auprès des français. C’est à celui-ci que j’ai postulé.

Où qu’ils se situent, ces centres fonctionnent tous de la même manière. Ils proposent des sessions de 10 jours en immersion méditative totale. La méthode de S.N. Goenka est appliquée au pied de la lettre par ses assistants/enseignants. Toujours la même, partout dans le monde.

Pour s’inscrire à une prochaine session de méditation, rien de plus simple. Aucun pré-requis n’est demandé. Il suffit de répondre à quelques questions basiques. La première est de savoir si, oui ou non, vous avez déjà participé à une session de méditation Vipassana avec S.N. Goenka ou l’un de ses assistants. Les autres sont toutes aussi évidentes: sexe, pays d’origine et infos pratiques (nom, âge, adresse, profession, langue maternelle etc.). Un vrai jeu d’enfant.

En revanche, là où ça se complique, c’est après. Avant de valider votre inscription, de nombreuses recommandations vous sont données. J’emploierai même le mot “avertissements”…

Participer à Vipassana, c’est se couper du monde pendant 10 jours. A votre arrivée, tous vos effets personnels : portable, livre, carnet, stylos etc. seront conservés. Vous venez ici pour méditer, seulement méditer. Tout ce qui pourrait nourrir le mental (imagination, création, souvenirs, projets etc.) doit être éliminé.

Au cours de ces recommandations/avertissements, le centre précise ce que N’EST PAS la méditation Vipassana. Un rappel nécessaire pour tous ceux qui pensaient se faire une petite retraite de méditation peinard.

Voici donc ce que n’est pas Vipassana:

•Ce n’est pas un rite ou rituel basé sur une foi aveugle.

•Ce n’est pas un divertissement intellectuel ou philosophique.

•Ce n’est pas une cure de repos, des vacances ou une opportunité pour sociabiliser.

•Ce n’est pas une échappatoire aux épreuves et tribulations de la vie quotidienne.

Ça a le mérite d’être clair.

Et ce n’est qu’un début ! On prend bien soin de vous expliquer en amont où vous vous apprêtez à mettre les pieds.

Sachez donc qu’il est interdit de parler et d’avoir un contact visuel avec les autres participants. 10 jours dans le silence. Quand je vois ce que la vie m’a appris après quelques jours de mutisme, j’ai vraiment envie de me lancer → Tais-toi et sois sage.

Vous l’aurez compris, la lecture et l’écriture sont également prohibées. Plus étonnant, la pratique du yoga est interdite. Je crois qu’en arrivant à ce stade des “avertissements”, j’ai vraiment commencé à douter. Qu’est-ce qui me pousse à me lancer des challenges comme ça ? Je l’aime bien ma vie, moi ! Pourquoi la compliquer en allant passer 10 jours dans un endroit qui risque de me rendre folle ?! Je suis maso ou quoi ?!

Et puis ces doutes se sont vite envolés. Quitte à vivre une aventure hors norme, autant pousser le vice jusqu’au bout. Et encore, ça aurait pu être pire ! Imagine, 10 jours de méditation dans ces conditions + jeûn pour tout le monde ! Là, oui, j’aurais été carrément maso.

C’est alors qu’après avoir lu attentivement tout ce qui m’attendait, j’ai été assez inconsciente pour valider mon inscription. Quelques jours de patience pour avoir les résultats…

La première fois, j’ai été recalée. J’étais autant déçue que soulagée. Peut-être même plus soulagée que déçue. Faut dire aussi que je savais à quoi m’attendre. Vipassana a un tel succès que les inscriptions pour chaque session sont ouvertes seulement pour 24h. Au terme de ce délai, un tirage au sort est effectué et ce sont les plus chanceux qui décrochent leur fameux sésame. Aucun autre critère que celui du hasard n’est retenu pour déterminer les nouveaux méditants. Des milliers de postulants par session pour des dizaines de places. Il faut savoir prendre son mal en patience. Autour de moi, ma copine Camille (grâce à qui j’ai découvert le Restorative Yoga) a déjà postulé 4 ou 5 fois sans succès.

L’agenda Vipassana

Cette fois, si je suis prise voici concrètement ce qui m’attend :

4h00 Réveil

4h30 – 6h30 Méditation

6h30 – 8h00 Petit déjeuner

8h00 – 9h00 Méditation de groupe

9h00 – 11h00 Méditation

11h00 – 12h00 Pause déjeuner

12h00 – 13h00 Repos et entretien avec l’enseignant

13h00 – 14h30 Méditation

14h30 – 15h30 Méditation de groupe

15h30 à 17h00 Méditation

17h00 à 18h00 Pause thé

18h00 à 19h00 Méditation

19h00 à 20h15 Discours de l’enseignant

20h15 à 21h00 Méditation de groupe

21h00 à 21h30 Période pour les questions dans le hall

21h30 Dodo

Et lendemain, on remet ça !

Si tu as bien compté, on arrive à près de 11h de méditation par jour. Un rythme intense dans des conditions à la limite de l’extrême – c’est mon point de vue – qui demande un minimum de préparation.

A ce propos, j’ai eu la chance de réunir un grand nombre de témoignages de méditants ayant participé à l’expérience. Tous sont professeurs de yoga, i.e. avec une expérience de la méditation déjà bien ancrée (enfin, normalement !).

Vipassana, les témoignages

 

Marie Chiron

J’ai fait une retraite en Inde à Chennai l’année dernière. Une véritable aventure intérieure très profonde. Goenka ne conseille aucune autre pratique ni préparation pour faire cette retraite. Personnellement, je pense que c’est mieux d’être prêt, aussi bien physiquement que mentalement. Pour certains non préparés c’est clairement trop extrême. Un choc qui les fait abandonner au bout de quelques jours. Et pour un prof de yoga habitué à sa pratique physique quotidienne, c’est aussi un challenge. Là-bas, toute pratique yogique est totalement proscrite (ce qui peut également être déstabilisant car Goenka n’y va pas de main morte par rapport au yoga qu’il m’a semblé décrire comme un bac à sable pour les enfants !!). La douleur dans le corps peut devenir insupportable. Pour ma part, après 4 jours je n’ai plus eu mal, la libération ! Mentalement aussi, c’est une épreuve. L’objectif est de faire remonter à la surface des habitudes et blocages profondément ancrés, ce qui peut être difficile à gérer quand on est enfermé dans le silence. C’est là que l’échange avec les encadrants peut aider. C’est clairement une phase de purification, qui est douloureuse mais extrêmement libératrice lorsqu’on est prêt à la vivre à fond. La clé est de s’accrocher et d’aller jusqu’au bout car ce n’est que là que l’on récolte les fruits de ce travail de nettoyage. Cette expérience m’a vraiment fait prendre conscience de choses très profondes et m’a fait passé un cap dans ma pratique. Après, pour ce qui est du retour à la vie quotidienne, je trouve qu’il est assez difficile de pratiquer 2h par jour chez soi comme ils le recommandent. La concentration et la disponibilité ne sont clairement pas les même chez soi au milieu des activités du quotidien.

Eugenio Correnti

J’ai pratiqué les cours vipassana pendant des années. Plusieurs fois 10 jours à dhamma mahi en France et à Calcutta. Je conseille systématiquement vipassana si on veut mieux se connaître et si on est prêt à vivre une magnifique expérience intensive de la méditation.  C’est hard physiquement et psychiquement, donc attention aux contre-indications et aux intentions détournés type je veux arrêter de fumer. Malgré le côté un peu sectaire (…) ce temps de silence de 10 jours est magnifique. J’avais des années de pratique de la méditation et du yoga avant vipassana et bien en quelque sorte c’est comme si je n’avais jamais médité avant. Par contre ce n’est pas une expérience à répéter trop souvent. Même goenka en parle à un certain moment. 

Elaine Garcia Alves

J’ai fait le 1er Vipassana en 2002 en Thaïlande et en vivant là bas longtemps je l’ai pratiqué de manière intense et régulière. Puis à nouveau en 2006 à Rio. Mais ce que je préfère, c’est développer la pratique meditative dans la vie de tous les jours. J’ai rencontré une femme tibétaine, à qui j’ai demandé si elle méditait. Elle m’a dit que ce mot n’existait même pas en tibétain. Pour elle, la méditation c’est dans la vie. A l’écoute des nos réactions dans la relation aux autres, au monde et à soi même. Elle m’a donné l’exemple : dans le transport si quelqu’un l’insulte, comment elle réagi à l’intérieur et à l’extérieur? Être présent et ouvert à l’expérience de la “vastitude” de la vie. J’ai rencontré des gens complètement ‘accros’ à ce type de méditation Vipassana au point d’être en rupture total avec les autres et leurs familles. Bon… chacun son chemin. Je prefère danser ! 

Claire Rol

La vipassana du maître S.N. Goenka est une pratique intensive très efficace. Durant les 10 jours c’est un nettoyage en profondeur qui s’opère. Une “opération chirurgicale” qui a pour but de prendre réellement conscience de l’impermanence dans le vécu des sensations.
Ma 1ere vipassana remonte à 1990 à dhamma giri, et cette technique est restée une base inaltérable.
Je recommande à tous de vivre et revivre cette expérience si bénéfique pour soi et surtout pour le bien de tous les vivants…

Carole Novak

Expérience très forte pour moi, très positive. Des intuitions artistiques importantes à partir du 6ème jour avec une impression de ‘plonger’ très profondément en soi. Je recommande vraiment. Il faut pouvoir être à l’aise avec le silence (personnellement j’aime beaucoup) et accepter de rentrer dans ‘leur’ univers en laissant certaines pratiques derrière soi (asana, pranayama, reiki, etc.) – ça par contre j’ai trouvé moins facile à accepter, un peu dogmatique… Pour ce qui est de l’assise, c’est sûr que ça peut être un peu douloureux parfois… il y a la possibilité de s’asseoir sur chaise quand cela devient trop pénible. Ceci étant dit, au bout d’un moment on se détache des sensations corporelles. Je te conseillerais de bien préparer ton corps a une assise longue avant de faire ta retraite.
Mon avis : quand j’ai commencé à pratiquer Vipassana, j’avais une pratique de méditation (et de yoga) depuis déjà de nombreuses années. Mais j’ai trouvé que Vipassana était vraiment un cran au-dessus des autres techniques que j’avais pu expérimenter auparavant. Cependant, à mettre en pratique au quotidien, cela n’est pas très facile. Il faut pouvoir trouver 2 x 1h chaque jour… Je pratique aujourd’hui la Méditation Transcendantale qui est, selon mon expérience, encore un cran au-dessus et surtout plus facile à mettre en place au quotidien (2 x 20mn). Je conseille, sans aucune hésitation, d’y aller mais en étant bien préparée.

Isabelle Verhille Schittulli

J’ai fait 2 retraites Vipassana. En tant qu’enseignante de yoga, notre corps est prêt pour l’assise. Cependant, les temps de méditation étant longs, des douleurs se réveillent et passent. L’enseignement de Goenka m’a bien convenu. Il est clair et bien rôdé. Je n’ai pas vécu les 2 fois de la même façon. La première fois, j’ai trouvé que mentalement c’était difficile, car le nettoyage m’amenait à lâcher sur des blocages ou évènements inconfortables, ce qui en soi est salvateur. La deuxième fois c’était beaucoup plus agréable. Tout dépend de son parcours et de son état à ce moment-là. Une très riche expérience en somme. Un bémol cependant, je déconseillera si le moment est difficile, car ça peut secouer. L’accompagnement proposé peut aider pour la technique mais pas pour ce que nous traversons mentalement.

Un immense merci à tous ces profs qui m’ont partagé leur expérience de Vipassana. Merci pour ces retours d’expérience, parfois très intimes, et leurs conseils pour préparer cette aventure intérieure.

Et justement, une telle expédition à l’intérieur de soi se prépare sérieusement.

Comme le précise Marie, Goenka invite à ne pas préparer notre séjour Vipassana. Néanmoins, au regard des témoignages, tout le monde s’accorde à dire que c’est nécessaire. Pour ma part, j’ai décidé de m’y préparer. Préparer le corps à de longue assises. Préparer le mental à une longue pratique méditative. Mais je ne suis pas dingo, je vais y aller crescendo. 2 fois 10 minutes de méditation par jour pour commencer. Puis 15 minutes. Puis 20, 30, 40 minutes. Ce, jusqu’à parvenir à 2 fois 1h de méditation par jour avant de démarrer l’aventure. Finalement, quand tu vois que l’on médite 11h par jour en Vipassana, 2h, c’est pas grand chose !

Les résultats tomberont probablement la semaine prochaine. Je vous tiens au courant 😉

 

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