Oui-Oui fait du yoga

Oui-Oui fait du yoga

Oui-Oui fait un métier qui fait rêver tout plein de gens. Il est professeur de yoga. Dans son pays, tout le monde est gentil. Normal, c’est le pays de Oui-Oui.

Le yoga, c’est sa passion. Il adore le pratiquer et encore plus l’enseigner. Il sait que le yoga peut rendre les gens heureux, alors il le partage, autant qu’il peut.

Oui-Oui passe donc la plupart de son temps à étudier et à transmettre le yoga. Et ça tombe bien, parce que c’est ce qu’il sait faire de mieux.

Au pays de Oui-Oui, il n’y a pas Facebook ou Instagram. Oui-Oui n’est pas très inspiré par les photos d’acrobaties. L’inspiration, il va la puiser au fond de lui. Est-ce qu’il serait admiratif de ces personnes qui se mettent à nue pour vanter les bienfaits du yoga ? Probablement pas. Même s’il trouve qu’un corps nu, c’est joli, il se dit que ce n’est peut-être pas une raison pour l’exposer au monde entier sous prétexte qu’il faut “l’accepter comme il est”. Oui-Oui il kiffe son corps, comme il est. Mais il n’a juste pas besoin que tout le monde le “like” pour l’aimer très fort.

Là-bas, comme il n’y a pas de réseaux sociaux, personne ne peut lancer des concours bizarres et dangereux du type “Envoies ta plus belle photo en Sirsasana, la posture sur la tête“. Et c’est tant mieux. On aurait trop peur de voir les urgences s’engorger et les ventes de minerves décupler. Parce qu’au pays de Oui-Oui, on sait que c’est quand même un peu risqué d’instiguer de tels défis.

Oui-Oui est indépendant. Quelle chance ! Il est libre de travailler quand il veut et de se reposer quand il est fatigué. ll travaille avec des gens super, ses “partenaires” comme il les appelle. Ces gens super lui proposent de continuer à transmettre le bonheur en lui trouvant de nouveaux élèves.

Oui-Oui ne connaît pas Uber. Il n’est pas une machine à enseigner le yoga, à ça non ! Il propose ses propres tarifs et ses propres horaires à ses partenaires. Comme ça, il n’est pas obligé de commencer ses journée à 7h et de les finir à 21h alors qu’il n’a que 2 cours dans sa journée.

Comme Oui-Oui fixe ses tarifs tout seul comme un grand -normal, il est indépendant, il peut gagner un peu d’argent. Certes, il ne gagne pas autant qu’un ministre, mais au moins il peut entretenir sa belle voiture jaune et rouge et s’acheter un nouveau grelot pour son bonnet, juste une fois de temps en temps.

Au pays de Oui-Oui, les professeurs de yoga comme lui appellent leurs élèves “mes élèves”. Ils trouvent que ça fait quand même mieux que “mes clients”.

Les partenaires de Oui-Oui sont tous formidables ! Ils ont cette même envie de transmettre le bonheur. Du coup, tout le monde s’entend à merveille et communique ouvertement. Cela permet d’instaurer une véritable relation de confiance entre tout le monde. Chacun partage ce qu’il a à partager et tout le monde est gagnant ! Impossible qu’on lui mette à l’envers à Oui-Oui. Jamais il ne recevra une invitation Facebook pour venir prendre un cours de yoga qu’il était censé lui-même donner. Jamais.  Impossible que le créneau qu’on lui a proposé lui passe finalement sous le nez.

Et puis, au pays de Oui-Oui, les cours privés payés 20€ n’existent pas. Même 30€ d’ailleurs. Parce qu’on sait que faire venir un professionnel à domicile pour partager sa connaissance et son expérience du yoga, ça a un prix quand même. Et puis, crapahuter dans tout le pays avec ses tapis sur le dos pour que les élèves soient tout confort, ça se monnaye aussi.

Quand Oui-Oui part en voyage, il prend le soin de prévenir ses partenaires. C’est normal, il veut bien faire son taf. Aussi, il trouve de super autres profs comme lui pour le remplacer. Du coup, en tentant de faire les choses de son mieux, aucun risque que ça se passe mal. Personne pour le faire culpabiliser de partir. Personne pour lui dire qu’il doit rester parce qu’on a absolument besoin de lui. Personne non plus pour lui laisser entendre qu’il n’est pas fiable. Parce que Oui-Oui le sait, il est comme tout le monde. Il n’est pas irremplaçable. Alors Oui-Oui peut partir voyager le cœur léger.

Parfois, ce sont les autres profs qui partent en vacances. Alors Oui-Oui fait des remplacements. Et dans ce cas, les profs lui disent “Merci”. “Merci de me remplacer, de travailler à ma place alors que je ne suis pas là. Si tu ne pouvais pas me remplacer, je serai bien dans la merde car je ne pourrai pas partir peinard en vacances.” Evidemment, personne n’a jamais demandé d’argent à Oui-Oui pour faire un remplacement. Les profs savent qu’ils peuvent compter sur Oui-Oui, et que lui peut compter sur eux en cas de pépin. Et ça, c’est quand même super rassurant.

D’ailleurs, les autres profs comme lui pratiquent le yoga dans la vie. Ils connaissent tous Patou et ses Yoga Sutra. Et chaque jour, ils s’en inspirent pour devenir meilleurs. Bien sûr, ils ne sont pas parfaits. Mais ils tracent leur route, essayant petit à petit d’abandonner leurs travers, ceux qui les rendent malheureux.

En cours de yoga, Oui-Oui ne se fait jamais mal. Il prend le temps de s’échauffer avant ses cours et se ménage pendant la pratique. Il aide les élèves à progresser, les ajuste au besoin pour leur éviter de se faire mal. Il sait prendre soin de lui autant qu’il prend soin de ses élèves. C’est le yoga qui lui a appris.

Heureusement, dans le pays de Oui-Oui, jamais on ne lui demandera de savoir faire le grand écart pour pouvoir enseigner. Là-bas, ils savent que ce n’est pas parce qu’on n’a jamais pu lécher son coude qu’on n’est pas moins un super enseignant de yoga. Parce que Patou, il dit que le yoga, ce n’est pas que “asana“. C’est aussi “yama“, “niyama“, “pranayama” etc. Pour en savoir plus là-dessus, c’est par-là http://my-happy-yoga.com/qui-est-patanjali/

Et quand Oui-Oui cherche du boulot, il fait comme tout le monde. Il envoi des CV et il passe des entretiens. Et tout le monde est super sympa ! Normal, ils sont tous dans le milieu du yoga. Heureusement pour Oui-Oui, il reçoit toujours des réponses à ses candidatures. Même si elles sont négatives, il est quand même content parce qu’il sait qu’à l’autre bout, quelqu’un a lu son email et a pris le temps de lui répondre. Et puis comme ça, il peut gagner du temps en évitant des relances inutiles et se concentrer sur des recherches plus fructueuses !

Je connais bien Oui-Oui. J’ai passé pas mal de temps avec lui, là-bas, dans son pays. J’aurais aimé y vivre plus longtemps mais quelque chose m’a rattrapée. Comment ça s’appelle déjà ? Ah ouai, la réalité.

Suite à certaines réactions suscitées par ce billet, je me suis dit qu’une petite mise au clair serait peut-être nécessaire. Tout d’abord, je pense que l’article parlera plus aux profs parisiens qu’aux autres. A Grenoble et ailleurs, j’ai eu une expérience totalement différente du monde du yoga. Celle-ci est donc bien une certaine vision du yoga à Paris. 

Par ailleurs, il est évident que le billet laisse un goût amer. Délibérément. Je n’ai pas jugé utile de parler des rencontres extraordinaires et des inspirations riches que je reçois au quotidien. Ce n’était pas le message à passer ce jour-là. Ce jour-là, je voulais juste exprimer ce que j’ai douloureusement compris, moi grande idéaliste que je suis. Le monde du yoga, il est loin de celui de Oui-Oui où tout le monde il est gentil. Ce blog s’appelle My HAPPY Yoga pour une bonne raison. Joie, bonheur et bonne humeur, ça fait partie de moi. Délivrer un message positif, donner envie, faire rire, ça aussi. Mais My Happy Yoga, c’est également et avant tout dire les choses comme elles sont. C’est dépeindre une réalité, la mienne, certes, et le faire même quand c’est pas beau à voir. Parce que ça aussi, c’est moi. 

Quand j’ai quitté le monde de l’entreprise pour celui du yoga, j’ai pensé que ce serait le pied total. Tous sur le même chemin, les rencontres autour du yoga ne peuvent être que belles, inspirantes et riches. Les comportements honnêtes, bienveillants. C’est probablement très con naïf, mais oui, je me suis dit que la proportion de gens éclairés serait bien plus grande dans le yoga. 

Au cours de ces dernières semaines, j’ai été confrontée à différents comportements qui m’ont dégoûtée du milieu. Un peu extrême comme réaction, certes. Mais je suis comme ça.

La cerise sur la gâteau aura été l’attitude de ma future formatrice de yoga, que je n’ai pourtant jamais rencontrée. Dans 4 jours, je m’envole pour l’Inde pour rejoindre Samyak Yoga, une école qui forme des profs. L’une des professeurs de cette école a récemment découvert mon blog et aura, pour une raison qui me dépasse totalement, fait le choix de commenté l’un de mes articles dans une attitude plutôt virulente. Un comportement ultra décevant pour moi. Elle est censée être ma professeure et moi son élève. Mais qu’apprendre d’une personne qui se comporte de manière aussi gratuitement hostile ? 

Evidemment, on sait que les mauvaises rencontres que nous faisons ou les tartes que nous prenons dans la gueule n’arrivent pas par hasard. Elles sont là pour nous délivrer un message. Sauf qu’en ce moment, c’est bien trop le merdier dans ma tête pour pouvoir le voir, ce message. Alors j’ai écrit Oui-Oui. 25 minutes m’auront suffit. J’y ai déversé des expériences perso et d’autres qui m’ont été rapportées. Je me suis dit que ça allait piquer mais j’ai voulu aller jusqu’au bout.

 

 

20 commentaires

    Hello Anka, ahah j’avoue que je ne sais pas trop quoi te répondre.. Je dois t’avouer que je ne saurai pas trop dire si c’est sincère ou ironique. 🙂

    Hello Mam, merci 🙂 J’ai essayé d’aborder un sujet un peu compliqué qui ne touche, heureusement !, pas tous les profs de yoga. 🙂

    Elle est très amusante cette histoire de Oui oui dans son pays ou même les méchants sont gentils. La façon dont nous percevons notre réalité par contre nous amène à comprendre qu’il va falloir manger des sutras à tous les repas. Pour qu’on puisse se laisser par rattraper par notre oui oui et ne plus être affecté, ni par nos pensées, ni par les contrastes et les challenges de la vie. Merci

    Merci Letizia pour ton commentaire très juste. En effet, le chemin est encore long ! Même si l’article laisse un petit goût amer, il ne dépeint qu’une partie de ma réalité. Et il est surtout le reflet d’une très grande déception !

    Je comprends, les déceptions font partie du chemin. Que tu puisses les écrire te permet de les sortir et de ne plus les nourrir. Continue ta route et continue ce que ton coeur te dit de faire. Pour ton bien et celui des autres.

    Tu as tout à fait raison, écrire est une forme d’exutoire. Ici en Inde, j’ai su prendre le recul et me nourrir des énergies positives à qui j’ai ouvert grand les bras. J’espère garder cette joie et cet amour à mon retour à Paris et lui offrir du pays de Oui-Oui 😉

    J’aimerai avoir oui-oui en prof! Comme tu dis la réalité est autre et il n’y a pas que le Yoga-business…Mais ce n’est pas pour autantque tu ne pourras pas tracer ta route comme tu le souhaites!!!

    Tu as tout à fait raison ! Merci de t’être donné la peine de m’envoyer ces belles ondes, elles me vont droit au cœur ! <3

    Ton article me touche car je m’y retrouve un peu, même si je suis en Province et qu’effectivement, le milieu du Yoga n’est pas saturé comme à Paris. Car moi aussi, Bisounours ou Oui-Oui, je ne sais pas, j’ai voulu nouer des contacts sincères et non-compétitifs avec les autres profs de Yoga mais la plupart du temps se résume à : “on” te regarde avec méfiance, “on” a peur que tu voles des élèves, “on” est bien trop occupé pour t’accorder de l’importance ou vouloir faire de jolies choses ensemble alors que je sais, qu’ensemble, c’est bien mieux, bien plus fort et donc dans l’intérêt de tous. J’ai donc décidé de continuer sur mon chemin, en solo, mais en harmonie avec moi même (enfin, la plupart du temps) et quand je trouverais un “on” qui aura la même vision que moi, “on” pourrait faire des choses encore plus formidables ! En attendant, j’avance !

    Alors continue sur ton beau chemin car tu es une fille extra et surtout, profite à fond de ta formation, peut importe le commentaire de ta future prof, il n’y a pas qu’elle qui va enseigner et peut être est-ce une étape sur ton chemin pour comprendre d’autres choses, apprendre, grandir ! Oui, tu ne le vois pas tout de suite, ce message, et c’est normal mais sache que tu n’es pas seule et que tu es assez forte pour surmonter tout ça 🙂

    Et si un jour tu as besoin d’en parler, n’hésite pas à me passer un petit coup de fil désintéressé pour parler entre Bisounours désabusés ^^

    Hello Sabrina ! Wahou merci pour ce message plein d’amour ! Merci aussi d’avoir pris le temps de partager ton expérience qui fait effectivement écho à la mienne. La vie étant bien faite, il se trouve que j’ai trouvé en Inde 3 profs extra qui ne partagent que du positif ! La prof en question est loin d’ici à l’heure qu’il est et j’avoue que je n’en suis pas mécontente. Ici, il n’y a que des gens qui sont là pour partager leurs expériences et leur amour du yoga. Chacun tente de faire de son mieux pour respecter les règles, et les autres. Je ressens tellement d’amour ici, c’est juste dingue. J’espère garder cette énergie et la partager à mon retour… Affaire à suivre ! 🙂

    On connait tous la déception, la frustration et toute cette palette négative qui te pousse vers le bas. Les attentes de Oui-oui sont faites d’espérance et d’illusion, la réalité est ce que tu en fais, c’est ce que tu ressens, vois, goûtes, respires…

    Emile-Auguste CHARTIER dit ALAIN a écrit : Fais ce que tu dois et n’attends jamais rien en retour. Si quelque chose vient, accueille le comme un cadeau … »

    Laisse Oui-oui et soit Emilie.

    Très joli Nicolas, merci de partager ça ici, vraiment. Alain aurait pu être pote avec Patanjali ou Epictète, et probablement d’autres bad-ass du même genre. L’attachement à l’action plutôt qu’au résultat est largement abordé dans les Yoga-Sutras. Ce voyage pour l’Inde est tombé à pic. Il m’a permis de reprendre toute cette belle philosophie et d’en faire plus que des mots couchés sur un papier ou perdus dans les abysses du web. Encore merci 🙂

    Bonjour, je viens de trouver ton blog sur Google que je trouve très intéressant.
    Je t’encourage à poursuivre dans cette voie car tu es vraiment excellente.

    Je ne sais pas quoi te dire, ma chère Emilie….j’ai lu, j’ai souri amusée, j’ai éprouvé de la peine…mais oui, les gens sont partout pareil, dans tous les pays, chez Oui-Oui, en France, ailleurs, dans le yoga, dans la finance…on reste humain et la nature humaine est un facteur à prendre en compte partout et tout le temps. Prends soin de toi, pardonne et fait tes choix en conscience, sans jamais douter de la beauté et la bonté qui existe, toujours un peu chez tout le monde, même si elle a du mal se révéler à chaque fois. Je t’embrasse fort, enjoy India !

    Très très joli message Aleks, merci de le partager 🙂 Ce que je peux te dire, c’est que ce voyage en Inde et l’énergie du groupe me donnent des ailes !

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