Musique & Yoga: l’expérience

Musique Yoga

La musique et le yoga sont 2 passions que je fais rarement interagir… Jusqu’à ce week-end en tout cas.

Généralement, lorsqu’arrive le week-end, j’aime bien apporter à ma pratique quotidienne du yoga un peu d’originalité.

Le reste de la semaine, ma petite routine matinale est bien rodée; s’inscrivant néanmoins dans un cadre limité par le temps et les divers impératifs.

Le week-end, en revanche, pas de réveil qui sonne et qui snooz, pas de contrainte de temps, pas d’impératif. J’aime ne rien prévoir, j’ai l’impression que ça me laisse des millions de possibilités et d’opportunités.

Ces matins-là, j’aime bien commencer ma pratique de yoga en me disant que je ne sais pas quand elle finira.

Je sors alors de la routine quotidienne et je pratique différemment. Je m’essaye à des postures que je n’aborde presque jamais, j’en découvre d’autres que je ne connaissais pas. Je peux même passer toute une session sur une seule et même posture, juste pour voir. Explorer, ressentir, vivre l’instant, mais différemment.

Le week-end dernier, sans rien avoir prémédité, j’ai créé un lien entre musique et yoga. Je me suis levée samedi avec une folle envie de Pachelbel (ça m’arrive). Alors j’ai branché l’Ipod, déroulé le tapis, et j’ai laissé faire.

J’ai pratiqué environ 1h au rythme du Canon, de Mozart et de ses potes Debussy, Chopin, Vivaldi et les autres. Cette dernière phrase suppose un anachronisme délirant mais on s’en fout.

Faire du yoga sur de la musique classique, c’était une grande première. J’ai adoré.

J’ai déjà pratiqué en musique, notamment sur des morceaux de piano → Playlist Yoga, mais ça reste hyper rare. Pourtant, à chaque fois, c’est un moment unique.

Dimanche matin, j’avais toujours envie de musique pour accompagner ma pratique mais je cherchais quelque chose de plus contemporain. A nouveau, j’ai branché l’Ipod, sur Wax Tailor cette fois, j’ai sorti mon tapis, et c’est parti kiki.

Du classique au trip-hop, j’ai vécu ce week-end 2 expériences yoga bien différentes mais toutes aussi inspirantes.

Tellement inspirantes que cela m’a donné envie de vous parler de 2 notions fondamentales en yoga, et en particulier en viniyoga.

La première, c’est celle de bhavana.

Cette notion apparaît dans le Livre 2 des Yoga Sutras de Patou, Aphorisme 2.

Samadhi-bhavana-arthah klesha-tanu-karana-athas-ca

Ce qui signifie littéralement, “De l’intégration l’émergence et des afflictions l’atténuation”, selon la traduction de Claude Maréchal.

Bhavana, c’est l’attitude mentale qui vient amener la concentration sur un point précis. En cours, on l’appelle simplement “le point d’attention“. En yoga, on utilise très souvent la respiration comme bhavana. Garder l’attention sur le va-et-vient du souffle et ses effets sur le corps. L’attention sur le contact de certaines parties du corps avec le sol ou encore sur les mouvements corporels peuvent également constituer des bhavanas.

Le bhavana permet de garder un certain niveau de concentration sur ce qui se passe dans l’instant. En gros, ça t’évite de penser à ce que tu as mangé le midi ou à ce que tu vas faire après. La concentration – Dharana, cf Comment devenir prof de yoga ? pour plus d’info – c’est l’une des étapes qui nous amène à “l’illumination”, la paix intérieure totale.

Autrement dit, les bhavanas font partie intégrante du chemin du yoga sur la voie du samadhi.

En fonction de notre faculté d’attention, il est tout à fait possible de travailler avec plusieurs bhavanas en même temps. Un exercice qui peut se révéler intéressant, notamment pour le super Vata qui a souvent tendance à se laisser disperser.

Et j’en arrive à cette autre notion essentielle que m’ont inspirée mes pratiques du week-end: Ananta-samapatti.

Cette notion apparaît vers la toute fin du Livre 2, Aphorisme 47.

Prayatna-shaithilya-ananta-samapattibhyam

musique yoga

Qui veut dire “Ajustement de l’effort-relâchement et empathie au souffle infini de la vie”, toujours selon la traduction littérale de Claude Maréchal.

Ananta-samapatti traduit le fait qu’il peut exister une infinité de points d’attention et de concentration. En d’autres termes, tout peut devenir un bhavana.

C’est donc ce que j’ai expérimenté ce week-end en utilisant la musique comme l’un de mes principaux bhavanas de séance.

Que ce soit une image, un objet matériel, une idée abstraite ou une musique, tout peut devenir un point d’attention. Se concentrer sur cet “objet d’attention” et se laisser absorber par lui, c’est rentrer absolument et intégralement dans l’instant présent.

Peu importe le yoga que l’on pratique. Peu importe le temps que l’on peut rester sur le tapis. Ce qui compte, c’est cette capacité à rester absorbé par le moment présent. Passer une heure sur ton tapis à t’étirer devant la télé te rendra bien moins service que d’y rester 5 minutes à ressentir tes pieds.

Exprimez-vous!

2 Comments

  1. J’ai adoré lire ton article, car – quel hasard – ce matin je me suis laissé tenter par une séance yoga et Chopin….
    J’étais triste et la musique classique me permet d’évacuer…du coup je n’avais pas envie de la couper durant ma pratique…
    Ma séquence fut beaucoup plus douce (plus procje du yin alors que j’étais partie pour du vinyasa), moins du difficulté à prendre mon temps….temps méditation plus long! Ce fut une magnifique expérience…

    • Wahou merci pour ce joli partage d’expérience. Comme dans la vie, il arrive que notre pratique prenne une tournure inattendue. On prévoit ci et il arrive ça. C’est ce qui la rend encore plus magique. Et vive la musique classique, si belle, si riche et si inspirante ! 🙂

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *