Réconciliée avec le Vinyasa

J'ai fait la paix avec le Vinyasa

Il y a un an et demi, je testais mon premier cours de vinyasa. Le choc.

Entre mes bagages kundalini et viniyoga, l’expérience vinyasa fut percutante. J’avais l’habitude de pratiquer lentement, tenir les postures, et surtout, me connecter au souffle.

La première chose que j’ai apprise en yoga est probablement la synchro des mouvements à ma respiration. Et puis le yoga m’apportait ce que j’y étais venue chercher. Moi. Qui suis-je, au fond ? Le yoga m’a donné des réponses, beaucoup de réponses, et j’ai découvert les bienfaits de l’intériorisation. Il m’était même souvent arrivé de pratiquer en cours collectif sans quasiment jamais ouvrir les yeux. Concentration totale.

Et puis vint la découverte du vinyasa et la remise en cause totale de tous les fondements du yoga que je m’étais bâtis. Pas le temps de respirer, les postures s’enchaînent trop vite. C’est vif, intense. Aucune intériorisation possible. On avait toutes les yeux rivés sur la prof pour être certaines de garder le rythme. Pas de silence non plus. Les postures s’enchaînent aussi vite que les mots.  Mon cœur battait à 3 000 ppm, le souffle haletant, le mental incontrôlable. Puis apparue la colère. “Nan mais c’est juste pas possible de faire du yoga comme ça ! On prend même pas le temps de respirer ! Mais quand est-ce qu’elle va s’arrêter de parler ? Je me suis gourée de cours ou quoi ? On dirait du fitness son truc !”

J’étais agacée, révoltée même, et impossible de me calmer. Pita à son paroxysme, largement encouragé par un Vatta désinhibé. J’explique.

Je suis pita et l’enchaînement des postures sans aucun ancrage ont réveillé chez moi un vatta qui ne demande que ça. Pour rappel, Pita = feu et Vatta = air. Et que se passe-t-il quand tu souffles sur un feu déjà bien ardent ? Un beau bordel. Voilà.

Tu veux en savoir plus sur les doshas ? Fais le test ! 

Pourtant, même après cette première expérience épique, je n’ai jamais capitulé. Je n’avais pas envie de rester persuadée que le vinyasa, c’était du fitness version sanskrit.

Malheureusement pour moi et mes préjugés, les cours suivants n’ont pas été beaucoup plus glorieux.  Je me suis souvent même fait mal à vouloir imiter la prof qui faisait le show. Pire ! J’ai eu une prof qui m’a fait mal. Elle venait m’écarter les doigts sans aucune bienveillance pendant adho-mukha et m’a pété le dos en voulant “m’ajuster” dans la torsion. Violence.

Quand ça veut pas, ça veut pas…

Et puis finalement, Paris. Paris et son lot inépuisable de cours de yoga, et en particulier de vinyasa. Si le yoga est à la mode, le vinyasa est just so trendy darling! Avant, quand on sortait du boulot en avance, c’était pour être sûres qu’il reste quelques miettes du buffet froid dégueu de l’afterwork et se mettre une caisse au vin mousseux infecte. Maintenant quand tu arrives à sortir tôt, c’est pour aller dérouler ton tapis  en cours de vinyasa. Les temps changent… et ça a du bon parfois 🙂

Cet été, on m’avait donné rendez-vous dans une salle de sport pour un “entretien”. Ce que j’ai compris une fois sur place, c’est que l’entretien, c’était d’assister à un cours de vinyasa. D’un certain point de vue, c’est plutôt sympa comme entretien d’embauche ! On passera juste sur le fait qu’être évaluée sur sa pratique du yoga pendant un cours collectif pour savoir si, oui ou non, tu es un bon prof de yoga, c’est très con. Surtout quand c’est une surprise ! De surcroît un cours de Vinyasa !

La prof nous installe face aux miroirs et pousse la musique à fond. Solitude. → Miroir mon beau miroir

Ok respire. Je me dis “Relax ma poule, dis-toi juste que tu ne viens pas pour du yoga. Dis-toi que tu viens faire un cours pour bouger, te faire du bien, te vider la tête. Mais pas du yoga.”

Et là, bluff. Je ne sais pas si c’est mon état d’esprit, les vibes de la prof, ou les deux, mais le fait est que j’ai adoré le cours. Bon en revanche, toujours rien sur la respiration. C’est tabou ou quoi en vinyasa ?

Depuis, pour une raison qui me dépasse totalement, je ne suis plus tombée que sur des cours au top. Jamais déçue ! Je crois qu’on peut même dire que je prends maintenant beaucoup de plaisir à pratiquer le vinyasa.

L’une des premières définitions du vinyasa est précisément la synchronisation des mouvements de la respiration et du corps. Un comble si l’on se réfère à mes expériences. J’avais même entendu que l’on définissait le Vinyasa comme une méditation en mouvement. J’adore ce terme, je le trouve poétique. Beau. Mais jusqu’à peu, ce n’était qu’une expression sans âme, si loin de mon vécu.

Mon opiniâtreté assumée aura finalement eu raison de mes jugements acerbes. J’ai persévéré et eu la chance de rencontrer les bonnes personnes. Les bons profs.

Si je n’ai rien lâché concernant le vinyasa, c’est parce que j’ai toujours pensé que ce qui faisait la valeur d’un cours de yoga, ce n’était pas tant le style. Pas pour moi en tout cas. Ce qui compte avant tout, c’est l’énergie du prof. Ce qu’il/elle dégage. Chaque prof de yoga apporte dans ses cours un bout de sa personnalité, un bout de son vécu. Il/Elle nous transmet non seulement les valeurs du yoga mais aussi les siennes.

Ce n’est pas le vinyasa qui ne me convenait pas, c’était la façon dont il était enseigné. Non pas que je sois tombée sur de “mauvais” profs. Simplement, ça ne matchait pas.

Cette expérience illustre ce que je n’ai de cesse de dire aux élèves et aux futurs happy yogis. Ceux qui se sont essayé au yoga et qui ont été déçu•es . Ceux qui sont “mal tombés”, qui pensent que le yoga, ce n’est pas pour eux; que le hatha c’est chiant, que le vini c’est mou, que le vinyasa c’est trop branché. Du yoga, il y en a pour tous les goûts. Il existe forcément un prof qui te correspondra.

Réconciliée avec le vinyasa yoga

A l’inverse, comprendre qu’en tant que prof, nos cours ne plaisent pas à tout le monde, c’est primordial. Même si c’est parfois nécessaire, inutile de se remettre systématiquement en cause à chaque fois que l’on “perd” un élève. Assumons nos choix et soyons fiers de ce que nous proposons. Ne pas plaire à elle, à lui, à eux, c’est ce qui fait notre originalité à nous. Chaque pot a son couvercle.

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2 Comments

  1. Hello Emilie, ton article est super intéressant car cela prouve une fois de plus à quel point le prof fait toute la différence. J’ai commencé le vinyasa l’an dernier avec la chaîne Youtube Yoga with Adriene et c’est du vinyasa si doux que ça m’a plu. Après j’ai essayé des cours plus dynamiques, mais à chaque fois je m’y suis retrouvée car les profs alliaient très scrupuleusement souffle et mouvement. Aujourd’hui je suis 2 cours de vinyasa par semaine pour compléter ma pratique personnelle de hatha, et je dois dire que j’adore ça. L’un des deux est très dynamique, très exigeant, mais je pense que ce que nous répète le plus le prof, après “inspirez” et “expirez”, c’est “trouvez votre respiration”…

    • Je suis parfaitement d’accord avec toi 🙂 Aujourd’hui, on peut même dire que j’ai une pratique hebdo en vinyasa. J’adore l’idée de varier les pratiques car finalement, on se retrouve dans chacune d’elles, mais différemment. Hatha, vini, vinyasa, chacune m’apporte quelque chose de différent. C’est toute la force du yoga 🙂

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