Règles douloureuses ? Et si le Yoga avait la solution…

jeune femme stressée et fatiguée dépendant de son cycle féminin

Tous les mois c’est la même. Pas moyen d’en réchapper. Les anglais débarquent et c’est parti pour 4 jours de trucidation ovarienne.

Les règles douloureuses peuvent toucher jusqu’à 80% des femmes. Alors les filles, on se sent moins seules? Mouais… Tu me diras, ce n’est qu’une maigre compensation au regard de l’enfer que nous font vivre ces satanées menstruations (Mais que ce mot est laid !).

Je ne sais pas vous, le premier jour reste pour moi le pire. Mais genre pire de chez pire. Les crampes sont tellement hard core qu’en général je ne peux pas faire autrement que de rester allongée. J’ai parfois tellement mal que j’ai l’impression que mon corps entier est douloureux. Mais siiiiiii tu sais, ce genre de douleur qui finit par te donner la nausée. Dans ce cas, il ne me reste plus qu’à m’armer de ma bouillotte et de beaucoup de patience, et attendre que ça passe.

Règles douloureuses: quelles solutions ?

LA sempiternelle question que se pose probablement toutes les femmes, ou presque. S’il nous est impossible d’échapper au massacre de nos ovaires chaque mois, il existe pourtant des solutions pour éviter de souffrir comme une damnée. Pourtant, ces solutions ne sont pas toujours adaptées à toutes.

Pour ma part, j’ai commencé par participer activement au financement d’un nombre incalculable de laboratoires pharmaceutiques.  J’ai testé à peu près tout ce qui se fait sur le marché. Les médocs avec et sans ordonnances, l’ibuprofène, le paracétamol, l’aspirine et j’en passe. Au fil du temps, j’ai dû me résoudre à prendre des trucs de plus en plus forts car les premiers ne me faisaient plus rien.

“T’as si mal ? Mais prend du spasfon, enfin !”. Hum meuf comment te dire que le Spasfon, ça fait plus de 15 ans que ça ne me fait plus rien.

J’ai également testé tous les trucs que tu fais généralement quand tu es malade: exploitation à outrance de bouillotte, abus de bains moussants, films Disney et agonie au fond du lit et j’en passe.

Je vais être honnête, si toutes ces techniques me permettent de me sentir un tout petit peu mieux pendant cette phase difficile, rien de tout cela ne m’a jamais empêchée d’avoir mal.

Avant que vous vous disiez que j’ai zappé un truc important dans les solutions, la voilà. Ça me fait mal de le dire (moins que mes règles, on est d’accord) mais il existe une solution relativement efficace pour lutter contre les règles douloureuses. Une solution qui, visiblement, a fait ses preuves. C’est la pilule, tout simplement.

La pilule et moi, on n’est pas super copines. On s’est connues tout au début de mon adolescence mais j’ai très vite sentie qu’elle et moi, ça n’allait pas le faire longtemps. A cette époque, je ne connaissais rien à tout ça. Les règles, le cycle féminin, les hormones, ça me dépassait totalement. Je savais juste que, maintenant que j’avais mes règles, je devais prendre la pilule. Point barre.

Au fil du temps, j’ai commencé à m’intéresser de plus près à ce petit cacheton que je prenais systématiquement tous les jours sans faire gaffe aux conséquences. Avec mes copines, on avait chacune notre version. Il y avait celle qui avait pris du poids en se mettant à la pilule. L’autre qui en avait perdu. Ou encore celle qui se tapait une sacrée période acnéique après avoir changé de “modèle” de pilule. Quand on y pense, c’est pas très naturel tout ça!

Bien plus tard, durant cette belle époque d’insouciance révolue où tu apprends que fumer une clope alors que tu prends la pilule peut te tuer, il est peut-être temps d’arrêter les conneries. Ça fait maintenant un bail que j’ai laissé tomber la pilule, et je ne m’en porte que mieux.

Alors oui, je sais. Je ne prends pas la pilule MAIS je ne crache pas sur un cacheton d’ibuprofène. Quelle hypocrite je fais, hein? :p Ça tombe bien, je n’ai jamais dit que j’étais parfaite, et encore moins qu’il fallait suivre mon exemple!

D’ailleurs, même si j’ai quelques démêlés avec la pilule, je ne suis pas là pour remettre en cause son existence. N’oublions pas qu’elle reste un moyen de contraception ultra efficace (by the way, merci Simone !)

Et, encore une fois, la pilule est un moyen efficace de calmer les douleurs de règles. Je pense que les femmes qui en ont fait l’expérience qui peuvent en témoigner. D’ailleurs, la pilule agit également sur les fameuses sautes d’humeurs qui accompagnent souvent cette période sympathique. De manière générale, la pilule va permettre de lisser, d’aplanir les variations du cycle de la femme. Et c’est là que ça me dérange. Car elle va en réalité venir fausser le déroulement naturel du cycle de la femme. Ce côté anti-naturel, ça me tarabuste. Le fait de s’injecter tous les jours, pendant presque toute une vie, des hormones de synthèse, ya pas à tortiller, ça me donne des frissons.

Les règles et le cycle de la femme

Le cycle féminin, un mystère pour beaucoup d’entre nous. Si, par la force des choses, les femmes s’y intéressent plus que les hommes, nous sommes nombreuses à ignorer encore notre propre fonctionnement.

Les règles, aussi pénibles soient-elles, font partie intégrante du cycle féminin.

Comprendre comment fonctionne ce cycle, en connaître les différentes phases et savoir mieux les appréhender, voilà peut-être une nouvelle solution à notre problème de règles douloureuses.

Alors certes, on est souvent plus ou moins au courant quand les anglais s’apprêtent à débarquer. C’est rarement le moment idéal pour l’amoureux de nous faire faux bond ou pour la copine de nous décevoir. On se sent fatiguées, on perd patience en moins de 2, on supporte moins les critiques etc. Bref, même notre entourage les sent arriver ses fu*** anglais. “Tu vas pas avoir tes règles bientôt par hasard”? En plus, quand on nous pose cette question, ça a le don de nous mettre encore plus de meilleure humeur, pas vrai ? 🙂

Même si nous savons que la période des règles est généralement une phase où on se sent un peu down, on ne sait pas vraiment expliquer pourquoi!

A travers le yoga, il est possible de mieux comprendre notre fonctionnement et, surtout, d’apprendre à traverser cette période sensible avec beaucoup plus de sérénité.

Gross-modo, le cycle féminin ressemble à ça:

cycle feminin

Source : Aline Culianez, professeur et formatrice de Viniyoga

F : phase de fécondité forte

NF : phase de non fécondité

1 ;14 ;15 ;28 : moment du cycle en nombre de jours

 

Pendant la période ascendante, celle qui succède aux règles, on retrouve peu à peu notre énergie. On se sent forte, belle, pleine de vitalité! C’est également la période où la libido est la plus importante. Ce qui tombe plutôt bien car c’est aussi la période où la fécondité est élevée! Comme quoi, la nature est bien faite 🙂

La période de fécondité atteint son paroxysme avec… l’ovulation!

Après l’ovulation, c’est la phase descendante. C’est le moment où notre énergie diminue, et cela, jusqu’aux règles. C’est une période où l’on a particulièrement besoin de faire attention à nous. Certaines d’entre nous ont naturellement tendance à sortir moins, se reposer, se cocooner. Elles ressentent le besoin de prendre soin d’elles, parfois sans même savoir pourquoi. D’autres, en revanche, n’ont pas forcément l’habitude de s’écouter et continuent à vivre comme si leur niveau d’énergie était le même qu’avant l’ovulation. Elles continuent à sortir ou à faire beaucoup de sport, à se coucher tard, manger peu sainement etc. Ce qui accélère l’épuisement de l’énergie.

C’est l’une des raisons qui expliquent des règles douloureuses et des difficultés à retrouver l’énergie, même après les règles.

Il est donc primordial de savoir s’écouter, ou du moins, de comprendre à quelle période de notre cycle nous en sommes.

Ce cycle régit aussi nos humeurs. Si on apprend à le lire, on saura aussi mieux gérer nos émotions.

Faire du yoga quand on a ses règles, une fausse bonne idée ?

Ça se discute. La période de règles est un moment privilégié de la femme avec elle-même. J’ai souvent entendu dire qu’il était déconseillé de faire de yoga. De manière générale, c’est au moment des règles que notre niveau d’énergie est au plus bas. Du coup, il est plutôt déconseillé de profiter de cette période pour préparer un marathon ou se mettre une énorme caisse.

Cependant, je trouve intéressant de profiter de cette période si particulière pour pratiquer le yoga de manière différente. Voici, par exemple, quelques postures qui peuvent très bien être pratiquées pendant les règles (évitez quand même les moments où vous êtes vraiment à l’agonie, si c’est le cas). Ces postures permettent notamment de soulager les douleurs liées aux règles, mais également de réguler le flux.

 

Virasana ou la posture du Héro

Assis à genoux, les fesses sont posées au sol entre les talons. Le dos est droit, les mains peuvent être posées sur les cuisses ou étirées vers le haut pour accentuer le redressement dorsal.

La posture peut également se pratiquer couchée. Dans ce cas, les épaules et le dos touchent le sol.

virasana-posture du héro

 

Janu sirsasana ou Demi-pince

Le talon droit vient se placer à l’intérieur de la jambe gauche qui est tendue vers l’avant. Le ventre vient se coller sur les cuisses et le front vient toucher le genoux gauche. 

Même chose en tendant la jambe droite.

Cette posture peut être pratiquée en statique, sur plusieurs respirations, ou bien en dynamique. Dans ce cas, la flexion vers le genou se fait sur l’expiration. 

janu sirsasana-demi-pince

Supta Baddha Konasana

Placer un coussin dans le dos et sous la tête. Les bras sont ouverts en croix, paumes des mains tournées vers le plafond. Les plantes des pieds se touchent et les genoux tombent de part et d’autre du corps. Rester quelques respirations dans cette posture soulage efficacement les crampes.

supta_baddha_konasana_règles-douloureuses

Adho Mukha Virasana ou Balasana

Assis sur les genoux, le ventre vient se poser sur les cuisses et le front sur le sol. Les bras sont étirés à l’avant du corps, sans tension dans les épaules.

Dans la version de balasana, ou posture de l’enfant, les bras sont relâchés de part et d’autre du corps, paumes des mains tournées vers le haut.

Adho-Mukha-Virasana

Savasana ou posture du Cadavre

Allongé sur le dos, le corps est simplement posé sur le sol. Les paumes des mains sont tournées vers le plafond, les yeux fermés, le menton légèrement rentré dans la gorge.

shavasana

En revanche, il est des postures à éviter pendant les règles. Inversions, torsions, postures qui sollicitent trop la partie abdominale, postures debout qui peuvent fatiguer rapidement etc.

En complément du yoga, j’utilise aussi également de l’huile essentielle de lavande, en diffusion et en application directe sur le bas du ventre. Les huiles de sauge et de rose semblent également très bien fonctionner. DoTerra propose également des mélanges d’huiles essentielles pour ré-équilibrer l’ensemble du cycle féminin. Pour plus d’info à ce sujet, vous pouvez déjà consulter la page Huiles Essentielles et me contacter si vous avez plus de questions.

En dehors de cette période particulière, pratiquer le yoga régulièrement peut-être un moyen de mieux comprendre son cycle. En effet, le yoga nous apprend à être plus réceptif aux messages que nous envoie notre corps. Il nous aide à retrouver une certaine harmonie, une certaine forme d’unité. D’ailleurs ça tombe plutôt bien car Yoga veut dire “Union” 🙂

Si on sait l’observer, l’écouter, il nous sera plus facile de comprendre pourquoi nous sommes fatiguées ou pourquoi nous débordons d’énergie. Ce travail a aussi un réel effet positif sur les douleurs qui accompagnent généralement les règles.

NB: suite à la parution de cet article, Eve-Anne du blog VotreYoga a elle aussi écrit un article très intéressant sur le sujet. En toute intimité, elle nous livre son expérience de femme et nous offre d’importantes informations complémentaires d’un point de vue biologique. Ça vaut le détour 🙂

Exprimez-vous!

6 Comments

  1. Bravo Emilie, super !! et toutes les postures debout ou assise ou allongé avec les jambes tres tres écartées sont excellentes pour les femmes y compris pendant les regles.
    Bravo pour ton article !

    • Avec plaisir Nathalie! Et merci à toi pour cette petite précision utile pour les lectrices! A bientôt 🙂

  2. Coucou Emilie,

    Merci pour ce super article ! J’ai appris plein de choses et j’ai notamment adoré le croquis sur le cycle féminin.

    Concernant la pratique du Yoga pendant les différents moments des cycles féminins, c’est vrai que c’est un vaste sujet. En tout cas si je parle avec mon expérience, je me suis toujours sentie mieux après avoir pratiqué du Yoga très doux pendant mes règles. Donc je pense que la pratique, à condition d’être adaptée peut nous aider à relâcher les tensions. Comme tu le soulignes d’ailleurs 🙂

    Concernant la contraception, vaste sujet également.
    A mon avis, il s’agit vraiment d’un choix personnel et on ne peut pas dire que telle ou telle façon de faire est meilleure qu’une autre.
    En tout cas, même si on est très attachées à la pilule en France (symbole d’indépendance pour les femmes), je pense qu’on gagne à parler un peu plus des autres moyens de contraception sans hormones…
    A chacune d’entre nous de se renseigner et pourquoi pas de passer à l’action pour se sentir au top dans sa vie de femme.

    A très vite pour tes nouveaux articles Emilie.
    Je t’embrasse 🙂

    • Hello Claudia!
      Avec plaisir, merci à toi de nous avoir fait partager ton expérience! C’est vrai que la question de la pilule constitue un large débat. Cela reste mon avis, mais je trouve qu’en France, les femmes ne sont pas assez informées des alternatives à la pilule. Moi-même pendant longtemps, je pensais que la contraception se résumait à ça et au sterilet. Or il existe de nombreuses autres soutions. On m’avait conseillé un livre sur la méthode des indices combinés pour adopter une contraception plus naturelle. Je ne l’ai finalement pas lu, mais j’ai commencé à me documenter sur le sujet et à changer ma vision des choses. Bises Claudia et à bientôt! 🙂

  3. Merci pour ces postures!
    Je me permets une remarque concernant les périodes de fertilité possibles présentées dans le graphique dont la source citée est Aline Culianez, professeur et formatrice de Viniyoga. Le lendemain de l’ovulation (jour théorique 14 ou 15), la femme est fertile (l’ovule reste en vie jusqu’à 24h) ! De même, la première semaine qui fait suite à la fin des règles est théoriquement une période de non-fertilité…sauf si l’ovulation a lieu exceptionnellement très tôt dans le cycle, puisque c’est lié à la capacité de survie des spermatozoïdes jusqu’à 5 jours.

    • Hello Florence, merci pour ces précisions précieuses ! Il est en effet bon de rappeler que la fertilité de la femme ne se limite pas au jour de son ovulation. Il y a longtemps, j’avais entendu dire que l’ovulation pouvait avoir lieu pendant les règles. Tu as une idée du pourquoi du comment ? 🙂

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