Le monde n’a pas besoin de plus de profs de yoga

autonomie my happy yoga

 

Cette semaine, je suis tombée sur un article du célèbre Elephant Journal qui m’a beaucoup interpellée. Son titre: “The world doesn’t need more yoga teachers”

Le monde n’a pas besoin de plus de profs de yoga”

J’ai trouvé ça un tantinet provocateur. Qui est donc cette femme, prof de yoga visiblement, qui se permet de dire que le monde compte déjà trop de professeurs de yoga? Petit souci d’ego? Peur de la concurrence? Absolument pas.

Contrairement aux apparences, le discours de Rebecca Lammersen sert les vraies valeurs du yoga en y dénonçant notamment le yoga business sous toutes ses formes. Plus précisément ici, elle remet en question la multiplication des formations de profs de yoga en s’interrogeant sur leur réel intérêt.

Quand j’ai ouvert ce blog, il y a plus d’un an maintenant, j’avais déjà dans l’idée d’aborder ce sujet du yoga business. Un sujet dense, engageant et probablement controversé. Jusqu’ici, je n’avais pas trouvé les mots. Rebecca, elle, les a trouvés.

L’article est en anglais. J’ai donc décidé de vous le traduire, plus ou moins librement, et d’y ajouter ma touche perso, histoire que mon point de vue vienne étayer ses propos.

Le monde n’a pas besoin de plus de profs de yoga

Le yoga que l’on m’a transmis, et celui que je cherche à transmettre aujourd’hui est sans fioriture. Il est fonctionnel. Il est réaliste. Il entre dans une norme.  Il a un début et une fin.

Je n’ai pas de compte Instagram. Je ne vais pas dans les festivals. Je ne suis pas ultra suivie sur les réseaux sociaux. Je ne vends rien dans mon studio car acheter, c’est se distraire. Acheter, c’est nous attirer vers l’extérieur de nous-même quand tout le sens du yoga est de nous attirer vers l’intérieur. Mon job est d’enseigner le yoga, pas d’ouvrir un shop ou même un studio.

Je comprends cette idée. Elle implique aussi que devenir prof de yoga se fait par vocation. Elle implique qu’être prof de yoga, c’est enseigner le yoga. Le transmettre. Point barre. Etre prof de yoga, ce n’est pas aller faire le cake en festival et vendre des t-shirts en coton bio “J’aime le pinard et je fais du yoga”. Pardon pour la référence sarcastique, vous avez peut être entendu parler du partenariat entre Bash et Ana Heart qui nous proposent désormais des fringues pour faire du yoga mais également pour faire ses courses, sortir son chien et aller dîner en ville. J’aime beaucoup ce que fait Bash en réalité. Mais là on atteint vraiment le paroxysme du cliché du yoga en tant que tendance et ça vire au ridicule. Les fringues sont hors de prix et ça n’a aucun style. Mais, il paraît que c’est la mode. Exit le sac à main, pour être stylée maintenant il te suffit d’errer dans les rues avec un tapis de yoga. Et si ton tapis coûte dans les 200€, c’est encore mieux.

Je suis d’accord avec Rebecca sur le fait qu’être professeur de yoga, c’est avant tout enseigner le yoga. Et je serai surprise que vous ne le soyez pas. Sauf que cette vision du prof de yoga est tout de même extrêmement idéaliste. Dans un monde merveilleux où tout le monde boufferait à sa faim et ferait le job de ses rêves, je suis prête à parier que l’on serait beaucoup à vouloir enseigner le yoga à tous, et gratuitement.

On connaît le pouvoir du yoga. On le connaît parce qu’on le vit au quotidien. Le yoga nous apporte tellement qu’on s’est dit que ce serait cool si tout le monde pouvait en profiter. Si tout le pouvait savoir ce que ça fait. Savoir ce que ça fait de se sentir mieux dans ses pompes. Savoir ce que ça fait de moins se mettre en colère, d’avoir moins peur, de prendre du recul sur les choses, bref, de vivre plus sereinement.

Et je suis sûre qu’on serait tous ravi(e)s de pouvoir le transmettre gratos si on le pouvait.

Mais revenons un peu sur terre. Nous ne vivons pas dans un monde merveilleux où tout le monde bouffe à sa faim, profs de yoga compris. Enseigner le yoga, pour certains, ça ne suffit pas. Il faut trouver d’autres moyens pour vivre.

Alors oui, je partage les propos de Rebecca et je suis contre ce yoga business qui prend des proportions parfois à la limite du pathos. Mais je sais aussi que dans le monde dans lequel nous vivons, enseigner simplement le yoga, surtout quand on débute, ça ne nous fera pas bouffer.

J’ai pris une décision cette semaine, je n’accueillerai plus d’autres cours de yoga dans mon studio, autre que les miens. Et cela dans le but de pouvoir enseigner, à temps plein. Transmettre.

Là encore, tant mieux pour elle si elle en à les moyens. Mais dans la réalité, pas sûr que ce soit à la portée de tout le monde de se couper d’une partie de ses revenus pour se consacrer exclusivement à l’enseignement pur et dur du yoga.

yoga-autonomie

Il y a bien longtemps, j’ai voulu monter un programme de formation d’enseignants de yoga. Je n’ai finalement jamais trouvé la motivation ou l’ambition d’aller au bout. En réalité, ce n’était pas par manque d’ambition. Je ne suis jamais allée au bout car, au fond de moi, je savais que ce n’était pas mon job.

Mon boulot, c’est de faire en sorte qu’il y ait plus de pratiquants de yoga.

Je retourne à la source, à ma mission originelle, et à mon rêve – créer un centre d’enseignement privé où je peux enseigner aux yogis comment devenir leur propre professeur, afin qu’ils n’aient, à terme, plus besoin de moi. Mon boulot, c’est de les équiper avec les bons outils pour qu’ils puissent pratiquer dans leur chambre, pendant leur voyage d’affaire, bref, quand ils veulent et où ils veulent, sans avoir besoin de moi pour les guider, parce que je leur aurais appris à être leur propre guide.

Je me souviens avoir entendu quelqu’un dire un jour « Je sais que j’ai fait mon job quand mes élèves arrêtent de venir à mes cours – cela signifie que je leur ai enseigné ce qu’il fallait ».

Etre prof de yoga, c’est comme être thérapeute : ma mission est de trouver l’origine des problèmes de mes clients (de mes patients), et de les aider à se soigner eux-mêmes, dans le but qu’ils puissent repartir seuls, avec cette capacité à se maintenir en bonne santé par eux-mêmes. 

Le monde n’a pas besoin de plus de profs de yoga. Le monde a besoin de plus de pratiquants de yoga.

Certains professeurs sont si captivés par la gloire, l’argent et leur popularité sur les réseaux sociaux qu’ils en oublient d’enseigner. Ils ont oublié l’essence même du yoga – enseigner à leurs élèves pourquoi et comment pratiquer le yoga, en les aidant à créer leur propre pratique qui corresponde à leurs besoins. Et cela dans le but qu’ils l’intègrent à leur manière et puissent ensuite l’utiliser partout et à tout moment.

Là-dessus, je ne peux être plus en accord avec ses propos. Dans mon école de Viniyoga, la première chose que l’on nous enseigne, c’est d’apprendre à s’adapter aux besoins de l’élève. La deuxième chose, c’est de rendre l’élève autonome. Notre mission en tant qu’enseignants de yoga et futurs enseignants, c’est de faire en sorte que l’élève acquiert de l’autonomie pour qu’il puisse pratiquer quand il souhaite et sans avoir besoin d’un prof sans arrêt à ses côtés.

J’ai appris à enseigner le yoga de cette manière et je ne me vois pas le faire autrement. Moi-même, j’ai très vite ressenti le besoin de pratiquer plus de yoga en dehors des cours, chez moi. Au début, on ne sait jamais quoi faire, ni même comment. On fait souvent la même chose, c’est-à-dire ce qu’on connaît. Et puis, on a peur de se faire mal, de ne pas faire les choses comme il faut. J’ai la chance de suivre encore mes cours à Grenoble aujourd’hui et de travailler avec 2 profs extraordinaires qui poussent à toujours plus d’autonomie. Régulièrement, elles envoient les cours par écrit à tous les élèves pour qu’ils puissent refaire les pratiques à la maison. Génial.

Pour autant, je continue à aller en cours. Honnêtement aujourd’hui, je ne pense pas que j’arrêterai d’aller en cours collectif un jour. Pour mille raisons. L’ambiance, l’atmosphère d’un cours, la motivation à pratiquer, les conseils éternellement utiles et pertinents des professeurs, le partage des ressentis des élèves après la séance etc.

Les studios de yoga poussent comme des champignons, tout comme leurs formations de prof de yoga, donnant naissance à de nouveaux profs en 30 ou 60 jours non qualifiés et pas du tout équipés pour offrir à leurs élèves le programme dont ils ont besoin pour être autonome dans leur pratique.

Je lance aujourd’hui un appel aux enseignants qualifiés : il est temps de faire votre boulot. Travaillons à développer le nombre de pratiquants.

Plus il y aura de pratiquants de yoga, meilleur le monde se portera – mentalement, physiquement et émotionnellement. Et ce n’est pas seulement le bien-être de nos citoyens qui va s’accroître, c’est toute notre économie et notre force de travail qui ira vers un mieux-être – moins de congés maladie, plus de productivité; plus de productivité, plus d’argent; plus d’argent, plus de ressources pour l’éducation; plus d’éducation, plus d’ouverture d’esprit; plus d’ouverture d’esprit, moins de souffrance; moins de souffrance, plus de paix; plus de paix; plus de liberté.

Et comment on y arrive ?

Comme ça : « Dans la chambre de ma mère, le matin, où elle fait sa petite routine yoga fait maison pour avoir le corps et l’esprit suffisamment ouverts et relaxés pour affronter sa journée » et tout ça parce qu’elle avait une professeure qui lui a appris à être sa propre prof, pour qu’elle puisse faire son yoga, pour qu’elle puisse le faire bien, et qu’elle puisse ainsi faire un monde meilleur.

Sa solution est en effet extrêmement simple et à la portée de tous les profs de yoga. Choisir d’enseigner le yoga, c’est choisir de transmettre des valeurs qui, je le crois, feront en effet un monde meilleur. Choisir d’enseigner le yoga en ayant peur de perdre ses élèves si on les rend autonomes, c’est dangereux.

C’est un peu comme faire des enfants et décider de leur vie, toute leur vie. Faire des enfants, c’est leur donner ce qu’il y a de meilleur pour qu’ils puissent faire leur vie. Si, en retour, ils peuvent nous exprimer un peu d’amour et de gratitude, c’est bingo. Et sinon, ça ne dépend, de toute façon, pas de nous. Et ce serait égoïste de penser le contraire. Je pense qu’enseigner le yoga à ses élèves, c’est pareil.

Evidemment, je suis ravie de voir qu’autour de moi, de plus en plus de personnes se lancent dans une formation de prof de yoga. Je suis heureuse pour eux, car je sais ce que c’est de trouver enfin sa voie et d’avoir cette ambition folle de vivre de sa passion. En aucun cas je ne voudrais casser le rêve de ceux et celles qui souhaitent se lancer dans l’aventure. Et je pense que les propos de Rebecca n’avaient pas non plus vocation à cela. Mais je pense que son article est le bienvenu car il permet de se recentrer sur l’essentiel.

The World does not Need More Yoga Teachers.

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13 Comments

  1. Salut Emilie ! C’est un sujet sur lequel je m’interroge souvent aussi. Evidemment, comme tout pratiquant yoga depuis longtemps, je me suis déjà posée la question si je voulais devenir prof de yoga. La réponse est non ! Pour plusieurs raisons, que j’évoquerai peut-être dans un prochain post sur Yoga & Tea. Mais l’une d’elles est aussi le fait que je pense aussi qu’il y a déjà assez de profs. Et que pour encourager les gens à faire du yoga, il n’y a aussi d’autres moyens. Par contre, je suis assez d’accord qu’une petite formation de 200h ne suffit pas pour être bon prof de yoga. C’est un chemin beaucoup plus long…qu’en penses-tu ?

    • Coucou Aleks, je suis également d’accord avec toi. Le principe de sortir d’une formation de 200h et de se prétendre prof est pour moi une énorme blague, quitte à me mettre à dos une bonne partie des profs de yoga 🙂 Pour être prof de yoga, je pense qu’il faut surtout beaucoup pratiquer soi-même, avoir beaucoup de recul sur les choses et, surtout, savoir écouter. Néanmoins, si tu prends cette formation de 200h comme une base pour apprendre les rudiments de la pédagogie, l’anatomie etc. bien évidemment, c’est très utile. De mon côté par exemple, ma formation est en 4 ans et je ne compte pas les heures. 4 ans, c’est génial parce que ça me donne le temps d’évoluer, de beaucoup pratiquer de mon côté, de m’enrichir. D’un autre côté, les écoles demandent souvent plusieurs années de pratique avant de se lancer dans ce genre de formation. Pour ma part, j’avais à peine 2 ans et j’étais difficilement éligible aux formations. Et, pour le coup, je comprends que l’on demande aux futurs profs d’avoir quelques kilomètres au compteur avant de prétendre vouloir être prof. C’est ce qui m’a manqué et je suis très reconnaissante d’avoir tout de même pu me lancer dans cette formation. Pour autant, même si je voyais mon manque d’expérience comme un point faible avant, désormais, c’est bien différend. Je pratique tous les jours depuis un moment maintenant et je me sens tout aussi légitime dans cette formation qu’une personne ayant derrière elle 10 ans de pratique. 🙂

  2. Salut Emilie,
    très intéressant ton article car il soulève des questions importantes.
    La question du business : j’alimente mon blog de manière soutenue depuis plus d’un an et demi. Mais là je suis dans une phase où je crois que je vais calmer le jeu. J’essaie de faire des articles où je partage vraiment du yoga (du moins du mieux que je peux et en âme et conscience), que ce soit à travers l’explication de techniques ou de la philosophie du yoga. Ok parfois je dévie un peu sur d’autres sujets que j’aime mais j’essaie que ça reste le plus possible au service du bien-être, du développement personnel. Et j’avoue que quand je vois que sur facebook ça discute vêtements de yoga, bijou yoga, festival de yoga tendance, magazine tendance, série télé, mode yoga et compagnie etc … J’ai parfois envie de me retirer du jeu …
    Je ne veux pas participer au maintien d’un esprit de consommation, de dispersion, d’apparence, tout ce qui est l’opposé du yoga.
    Le plus important est comme le dit si bien ton article,la pratique personnelle, et quand on est prof, de conduire ses élèves vers une pratique autonome, un état d’esprit centré et responsable pour une vie de meilleure qualité.

    Je suis ravie de voir que tu as trouvé ton rythme dans ta formation et que tu t’y sentes bien et à ta place

    bises

    • Hello Eve-Anne, merci de nous avoir partagé ton point de vue de manière sincère. Nous sommes parfaitement d’accord 🙂

  3. Je voulais quand même préciser histoire de ne pas mal interpréter mes mots.
    Je n’ai rien contre les particuliers ou les auto entrepreneurs etc … qui font un peu de pub pour faire connaître leurs cours ou qui auraient un talent pour du design ou un peu d’artisanat et qui conçoivent et/ou fabriquent vêtements/ bijoux. Tout le monde doit gagner sa vie et un t-shirt “yoga”, un mala fait main etc … ça peut être marrant ou sympa. Ce que je n’aime pas, c’est,par exemple, de faire croire qu’il faut absolument des vêtements spécifiques pour faire du yoga ou les évènements de masse conçus pour faire du fric et promouvoir des marques, les trucs et magazines trop “people” etc …

    • Parfaitement d’accord avec toi. Je te remercie d’avoir apporté ces précisions même si je ne pense pas que tes dires aient pu être mal interprétés. J’ai envie de croire que nous ne sommes pas les seules à partager ce point de vue 🙂 Bises

  4. “Choisir d’enseigner le yoga, c’est choisir de transmettre des valeurs qui, je le crois, feront en effet un monde meilleur. Choisir d’enseigner le yoga en ayant peur de perdre ses élèves si on les rend autonomes, c’est dangereux.”

    Je pense qu’enseigner le yoga c’est encore plus que cela. Ce que j’aime par dessus tout c’est donner l’envie de pratiquer, c’est donner l’envie de pratiquer les valeurs du yoga. La simple transmission ne suffit pas. C’est la différenc entre donner un cours de philo et donner l’envie de réfléchir par soi-même, donner l’envie de lire, de se cultiver.

    Les formations, c’est bien mais ce n’est pas un papier ou un diplôme qui fera un bon prof. Ce qui, a mon sens fera un bon prof, sera cette envie de générosité, de transmettre l’envie de pratiquer.

    Je ne suis pas là pour corriger ex abrupto ta position, je suis là pour te faire comprendre comment ressentir si ta position est bonne. quelques indications et c’est toi qui trouveras les ressources pour mieux intérioriser.

    Autre point qui me gêne bien souvent, soit des profs qui se prennent pour des gourous, soit ceux dont leur comportement n’est pas en phase avec leur enseignement.

  5. Coucou Emilie!

    Je viens de t’écrire sur Instagram et voila que ton article me donne très envie de réagir!

    Je n’aime pas trop la façon dont sont catalogués les professeurs qui sont passés par des formation de 200h dans cet article… C’est exactement ce que je m’apprête à faire en Inde et pour moi, ma formation à déjà commencé depuis bien longtemps, avant que je décide de faire ces 200h.

    J’aime beaucoup le fait que l’autonomie soit soulevée dans cet article…Pour être honnête je me forme déjà à travers différents cours et en pratiquant seule depuis quelques temps déjà et si j’ai décidé de passer par cette formation de 200h c’est pour pouvoir approfondir certaines choses et pouvoir retourner aux sources afin de m’imprégner de choses qui sont pratiquées différemment en France et en Inde.

    Je pense qu’être professeur de Yoga est une vocation et comme cela est si bien expliqué dans cet article, le but n’est pas la recherche de profits mais bien la volonté d’aider les gens dans leur cheminement personnel. C’est ce que le yoga m’a apporté et c’est ce que je souhaiterais transmettre.

    Un autre sujet n’est pas évoqué, c’est le fait que les cours de yoga sont souvent très cher. Je comprend bien qu’en tant que prof de yoga, il faut pouvoir vivre mais j’ai du mal à comprendre comment des professeurs peuvent demander 50 euros l’heure (à paris).

    Je ne pense pas que l’on ai pas besoin de plus de professeurs de yoga, je pense que nous avons besoin de bons professeurs, de réels accompagnateurs. Beaucoup de gens très bons ne sont juste pas fait pour être profs. La réelle motivation ne doit pas être l’argent mais l’accomplissement et cela est oublié par beaucoup de professeurs qui se laissent manger par leur business.

    Je peux comprendre les critiques envers les personnes comme moi qui ne font “que” 200h. Car vous partez du principe que notre formation ne se résume qu’a ça… pour moi ces 200h c’est à la fois un point final et un point de départ. Je me suis formée au fur et à mesure des années et ma volonté de devenir professeur est motivée par de bonnes raisons. Il s’agit d’un choix réfléchi et raisonné, englobant de nombreuses questions pour savoir si je serais un bon professeur.

    La réponse étant désormais évidente, je me lance avec excitation et plaisir dans cette aventure 🙂

    • Salut Claire! Merci pour ton commentaire tout aussi pertinent que constructif. Je comprends ton point de vue sur les formations en 200h. Etant donné ce que tu nous laisses entre-apercevoir de ta pratique et de ton expérience du yoga, nul doute que cette formation t’apportera beaucoup. Au regard de ce que j’ai lu, je peux même d’ores et déjà affirmer que tu feras une excellente prof de yoga. Tu en comprends les tenants et les aboutissants et tu sais ce que tu souhaites en faire. Ce qui me gêne dans ce genre de formations, ce sont les dérives qu’elles entraînent. J’ai récemment entendu parler d’une nouvelle formation “Devenez prof de yoga en une semaine!”. Je crois vraiment rêver. Se lancer dans une formation de ce type peut, en effet, convenir à des personnes comme toi qui ont une certaine expérience de la pratique et qui ont les pieds sur terre. Mais ne l’oublions pas, le yoga est une mode maintenant. Et n’importe qui peut choisir de se lancer dans une formation pour surfer sur la tendance. Je trouve ça flippant. Tes arguments sont tout à fait vrais et je les partage. Ils sonnent justes parce qu’ils reflètent aussi ton expérience du yoga. Mais beaucoup n’ont ni ton recul, ni ton expérience. Ma formation est en 4 ans. Tu n’imagines pas combien de personnes ont abandonné en chemin, se rendant compte que ce n’était pas pour eux. Je trouve ça bien. Bien de s’en apercevoir et de ne pas avoir peur de revenir sur sa décision. Mais quand tu te lances dans une formation de courte durée, impossible d’avoir ce recul. Quoi qu’il arrive, tu vas au bout. Tu t’accroches parce que tu sais qu’il ne reste presque rien. Et tu finis par avoir ton diplôme. Et même si tu n’es pas convaincue de ta vocation, une fois ton diplôme en poche, personne ne t’empêche d’enseigner. Mais avec quelles valeurs? quelles convictions?
      Je suis vraiment ravie que tu te lances et je serais enchantée de suivre tes aventures. Tu nous tiens au courant? 🙂

  6. L’énorme erreur qu’on rencontre de nos jours c’est de croire qu’il est indispensable de devenir professeur pour avancer dans le yoga ! Or, cela n’a rien à voir !

    • Je vais même aller plus loin : on ne peut pas enseigner le yoga convenablement sans une réelle et profonde démarche spirituelle (encore faut-il comprendre ce que c’est) et sans une longue expérience. Les meilleures professeurs ont des années, des décennies de spiritualité derrière eux.
      Et personne sur cette page ne peut se considérer professeur, au mieux, simple “instructeur”.

    • Merci d’avoir partagé ton point de vue mais je ne pense pas que cela soit le cas partout. Beaucoup de pratiquants y ont trouvé leur voie sans pour autant chercher à vouloir l’enseigner. Certes le business du yoga et la florissante expansion des formations peuvent étayer tes propos, mais je pense qu’il existe encore une majorité de personnes (en particuliers dans les pratiquants de longue date) qui sont bien loin de ce nouveau monde et tracent leur route.

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