Ma no-Wishlist de Noël

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Update – Décembre 2019.

4 ans après l’écriture de cet article, et consternée par cette course toujours plus rapide à la consommation, j’ai décidé d’y ajouter quelques mots. Vous les trouverez à la fin de ce billet. Très belle lecture mes happy yogis. 

J-9 avant Noël, je suis surexcitée.

N’en déplaise aux rabat-joie de la magie de Noël, je vis depuis fin Novembre en mode quasi hystéro.

Je le confesse, je suis un peu une dingo de l’esprit de Noël. J’aime passer du temps à lorgner les vitrines, admirer les décos, regarder les passants déambuler dans les rues avec leurs paquets cadeaux. J’aime sentir les odeurs de marrons chauds, flâner dans les marchés de Noël à l’affût d’une odeur, d’une couleur, qui m’amènera au plus près de cette effervescence de Noël.

Alors oui ça fait con, mais c’est comme ça ! C’est la période où je redeviens un peu une gosse. Une enfant qui attend avec impatience d’ouvrir sa nouvelle fenêtre du calendrier de l’Avent, toujours avec le même plaisir. Celle qui compte les jours jusqu’au réveillon.

Avant d’écrire ce billet, je me suis demandé si je n’étais pas en train de briser un peu tout cet esprit de Noël que je me plais tant à défendre. Mais tant pis, je me lance et je me lâche.

Mais quel est ce sujet ultra tendance que l’on voit fleurir sur la blogosphère à l’approche des fêtes ? Cette même rengaine qui resurgit systématiquement tous les ans ? Vous l’avez ? Non ?

Ce sont les fameuses wishlists de Noël. Une tendance qui m’amuse autant qu’elle m’agace. Une lubie qui m’a donc inspiré ce billet. Alors, wishlist, pourquoi tant de N(oël)?

Wishlist de Noël, un truc de flemmard

Quand on est en manque d’inspiration, la wishlist apparaît comme le sujet idéal à traiter. Par définition, attention au scoop, la wishlist est une liste. Une liste, c’est facile à traiter, et souvent rapide à rédiger. Et de manière générale, en lisant ce type d’article, on ressent clairement que le mec ne s’est pas trop casser pour la rédaction. Souvent, tu vois bien que le mec a sorti son pifomètre pour sélectionner ses produits et zou ! une mini fiche descriptive sur le-dit produit, une photo et boum la liste est prête.

Par ailleurs, contrairement à d’autres sujets plus pointus, la wishlist ne demande aucune forme d’investigation ni de développement. Elle ne requiert pas non plus d’implication de la part du rédacteur, ce qui en fait un sujet ultra easy.  Bref, un truc de paresseux 🙂

La wishlist, un sujet creux

Qu’on se le dise, les wishlists sont rarement des sujets palpitants. Pas de stimuli d’émotions, pas de réelle interaction entre l’auteur de l’article et ses lecteurs. Pas non plus de partage d’expérience personnelle et encore moins d’apport d’information. Bref, la wishlist est le sujet vide de sens par excellence qui offre rarement quelque chose de concret au lecteur et/ou, on l’a vu, au futur acheteur.

En effet, si certains se creusent un peu pour entrer un peu plus dans le vif du sujet et nous peindre avec application les pours et les contre de tel produit, la plupart se contente de lister des produits random  sans chercher à apporter une véritable valeur ajoutée au lecteur.

La wishlist, un sujet sponsorisé

On y vient. A votre avis, comment sont choisis les produits des wishlists de Noël ? Parce que moi je me suis plus d’une fois posé la question. Alors oui je suis à donf dans la magie de Noël, quitte à être un peu naïve parce que parfois ça fait du bien, mais entre nous… J’ai peine à croire que la/le journaliste de tel ou tel magazine ne soit pas un peu influencé(e) par certaines marques pour faire mettre en valeur certains produits.

Et d’ailleurs, pourquoi pas ? Sur le principe, ça ne me dérange pas que les produits soient sponsorisés. Je serai hypocrite de dire que je suis contre la pub et le placement de produits ! En revanche, je suis pour la transparence et la franchise. Ajouter un produit à sa wishlist en en vantant les mérites alors qu’on ne l’a pas testé ou pire! qu’on ne l’a pas aimé, c’est pas trop ma came.

Vous l’aurez sûrement compris, je n’ai pas tellement l’intention de me prendre au jeu de la wishlist de Noël. Et si je me plais à m’insurger contre cette tendance, ce n’est pas seulement pour les raisons citées plus haut.

Vous le savez si vous avez lu mon billet sur l’art du détachement, j’ai dépassé cette phase d’accumulation d’objets. J’ai déjà passé suffisamment de temps ces derniers mois à trier tout ce qui faisait ma vie d’avant, ce n’est pas pour m’encombrer à nouveau de tout un tas de trucs que je devrais trier à nouveau dans 4 mois lors de mon prochain déménagement !

Enfin, je me défends une fois de plus de mettre à mal tous ceux qui se lancent à corps perdu dans l’élaboration de leur wishlist de Noël. Je pense et j’espère que chacun est libre d’exprimer ce qu’il veut sur son blog/site. Mais je souhaitais m’amuser de cette tendance qui me dépasse un peu.

Et puis, soyons honnête, si les wishlists de Noël sont un sujet de billet facile, il est alors aussi facile de devenir leur détracteur 😉

Update Décembre 2019

Et bien ! On peut dire que j’étais sacrément remontée quand j’ai écris cet article ! Aujourd’hui, fini les blogs, on retrouve toutes les wishlists de Noël sur Instagram. La forme a changé, malheureusement pas le fond.

Il y a quelques jours, j’écrivais justement sur Instagram ce post : CON-SOMMATION. Tu le sens venir mon côté engagé et ma plus affûtée ?

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CON-SOMMATION Il y a quelques années j’écrivais un article sur mon blog intitulé « Ma no-wishlist de Noel ». Je n’aurais jamais cru que cet article prendrait une nouvelle tournure aujourd’hui. À l’époque, je rageais moins contre l’appel à la consommation de certains que contre leur manque d’inspiration. Mais aujourd'hui, cet article mérite d'être agrémenté de ma position plus affirmée sur le sujet de l’hyper-conso. Entre le black friday et Noël, je vois pulluler sur les réseaux des posts qui mettent en avant wishlist par çi wishlist par mi. Et quand le tout est relayé par des "yogis"/profs de yoga, je vrille. Sous couvert de promouvoir des produits bio, soit-disants bons pour la santé et l’environnement, on se donne bonne conscience. Mais le fond reste le même : consommer, toujours plus. Je vais même aller plus loin, créer des tapis magiques en liège, en peau de banane ou en feuille de vigne, ça reste fabriquer de nouveaux objets. Et créer un nouveau besoin. Quand je tape « tapis de yoga écolo » sur Google, j'hésite entre rire et pleurer. Paye ton greenwashing. Et hier, alors que je commentais l’un de ces posts douteux, on m’a rétorqué « Oui mais bon Noël c’est Noël !». Ah bon ? Et quel rapport en fait ? Parce que Noël, pour moi c'est le moment de retrouver l’enfance, la famille, l’amour. Une période hors du temps pendant laquelle je retrouve la magie et, entre autres, je mate une dizaine de fois Love Actually. 🙈 Rien à voir avec commander ou offrir des dizaines d’objets. Alors je sais pas toi, mais moi j’ai trouvé plein d’autres moyens de fêter Noël et de montrer à mes proches que je les kiffe de ouf. Affaire à suivre, je compte développer tout ça dans cet article https://my-happy-yoga.com/wishlist-noel/ Parenthèse non négligeable, @pecheneglantine avait publié un post très juste sur le sujet que je
vous invite à aller lire. #xmas#noel#wishlist#mountain#grenoble#yoga#yogateacher#yogagirl#smile#happy#myhappyyoga#yogalovers#yogalife#picoftheday#yogapants#yogapose#yogaposture#travel#igyoga#instayoga#paris#igersparis#igersfrance#yogaparis#instaparis

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À l’époque où j’avais écris le billet initial, j’avais évidemment déjà conscience de l’hyper-consommation, et cette envie de moins qu’on appelle aujourd’hui la tendance minimaliste. Mais j’étais loin d’être un modèle.

Aujourd’hui, je consomme moins et toujours plus en conscience. Mais je ne suis toujours pas un modèle. Loin de là.  Typiquement, je suis très admirative des pros du zéro déchet. J’en suis là mais chaque jour j’essaye de changer les choses.

Ce qui m’a dérangé ces derniers temps, c’est l’effervescence autour du Black Friday, y compris dans le milieu du yoga qui invite pourtant au détachement et à la non-accumulation. Aparigraha bordel. L’absence de convoitise.

Alors ok, on ne va pas non plus faire vœu de pauvreté et retourner vivre nus dans la forêt dans une cahute en bouse de yak juste pour faire plaisir à Patou (Patanjali ndlr). On est en 2019, bientôt 2020 et le moins que le puisse faire c’est de remercier la vie pour tout le confort qu’elle nous permet d’avoir.

Quand bien même, quel est l’intérêt, surtout en tant que « représentant » de la philosophie du yoga (ahah ça fait un peu témoins de Jéhovah), d’inciter à la consommation avec des wishlists et des codes promo à gogo ?

Pire ! Le coup du Green Friday. Vaste blague dans une grande partie des cas. Profiter du Black Friday pour se poser en tant que sauveur de l’Univers et vendre des produits, mais des produiiiiits biiiiien. C’est bio, c’est éthique, c’est peut-être même fait en bouse de yak et, de préférence, ça coûte cher.

Pas d’accord.

Tu connais par cœur ou presque mon style péremptoire et cette facilité qu’a ma plume à s’insurger contre ce qui apparaît en désaccord avec mes valeurs. Si jamais ces mots t’apparaissent culpabilisants, injustes, j’en suis sincèrement désolée. Mais la question mérite d’être posée. En tant que pratiquant.es de yoga, et simplement en tant que citoyen.nes conscient.es du monde, quel est notre rôle à jouer ? A-t-on vraiment envie de participer à cette course à la consommation pour quelques likes ou quelques abonnés ? Pour ma part la réponse est claire, je respecte le chemin qu’empruntent les autres et qui n’est pas le mien, mais je ne le comprends pas et je continuerai à l’ouvrir, qu’on se le dise !

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Cet article a 2 commentaires

  1. Caroline

    Bonjour et merci pour ce blog.
    Je suis une lectrice régulière depuis plusieurs semaines et j’apprécie la qualité des articles 🙂

    A bientôt,
    Caroline

    1. Emilie Leduc

      Merci Caroline ! À très bientôt 🙂

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